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Stress & peau

Les effets du stress sur la peau
Si le stress ne suffit généralement pas à déclencher une pathologie sur une peau saine, il est aujourd’hui reconnu comme un facteur aggravant de nombreux troubles cutanés chez les personnes qui y sont sensibles : acné, chutes de cheveux, eczéma ou allergies cutanées peuvent par exemple devenir plus sévères dans les périodes de fragilité psychologique.

Le stress est un phénomène naturel d’adaptation du corps face à une menace ou à une situation qui génère une émotion forte : une quantité importante de sang est dirigée vers les organes vitaux, tandis que des hormones (cortisol, adrénaline et androgènes) sont sécrétées pour nous permettre de réagir avec plus de force et de rapidité qu’à l’accoutumée. Le stress est donc un mécanisme physiologique de protection, qui peut se déclencher avec la même force face à un danger réel ou imaginaire.
Si l’effet « coup de fouet » du stress est bien réel, il a aussi des conséquences négatives sur tout l’organisme et particulièrement sur la peau. En effet, la peau et le système nerveux proviennent du même tissu embryonnaire, l’ectoderme, et restent donc intimement connectés tout au long de la vie : les périodes de stress ont donc bien souvent des répercussions visibles sur la peau.

Les effets immédiats du stress
Une angoisse ou une émotion forte transparaît souvent très vite sur la peau, en particulier chez les personnes dotées d’une peau sensible : par exemple, de nombreuses personnes rougissent lorsqu’elles doivent parler en public ou si on leur pose une question embarrassante. Cette rougeur passagère ou flush témoigne d’une vasodilatation des vaisseaux qui irriguent la peau, et peut s’accompagner de marbrures au niveau du cou et/ou du décolleté.
Une grande peur, une colère intense ou un sentiment profond d’impuissance se traduisent souvent à l’inverse par une forte pâleur, signe de vasoconstriction des vaisseaux du visage : le sang reflue vers les organes vitaux sous l’effet du stress. Parallèlement, on observe aussi fréquemment une sudation accrue, en particulier au niveau des mains ou des aisselles. Les poils peuvent aussi se dresser sur la peau au niveau des bras et/ou des jambes : c’est la fameuse « chair de poule ».
Tous ces signes cutanés liés au stress sont ponctuels et réversibles. Mais lorsque les épisodes de stress se répètent trop fréquemment ou quand le stress devient chronique, l’organisme, hyper-stimulé, s’épuise et ce déséquilibre peut alors se traduire par des atteintes pathologiques.
Les effets à plus long terme
Le lien entre le stress et l’aggravation de certains troubles cutanés est aujourd’hui scientifiquement établi. Ces troubles peuvent être de diverses natures :

• L’acné
L’effet du stress sur l’acné est double : d’abord, la sécrétion d’adrénaline qui accompagne les moments de stress stimule la production de sébum et augmente les phénomènes inflammatoires, avec pour conséquence une poussée d’acné. Parallèlement, le stress inhibe le système immunitaire, rendant plus longue la cicatrisation des lésions existantes. Quelques jours après un stress intense, il n’est donc pas rare de voir apparaître une multitude de nouveaux boutons, qui auront tendance à persister plus longtemps que d’habitude.

• Les chutes de cheveux
Les stress majeurs causés par des événements traumatisants (deuil, divorce, accident, peur intense, etc.) peuvent être à l’origine d’une chute brutale de cheveux, diffuse (effluvium télogène) ou localisée en plaques (pelade).
Par ailleurs, le stress peut aggraver notablement la chute des cheveux chez les personnes souffrant d’alopécie androgénétique. En effet, les hormones sont directement liées à la chute de cheveux, car elles perturbent le cycle de vie des follicules pileux, entrainant une chute accrue.

• Les autres troubles cutanés influencées par le stress
La peau stressée est globalement plus réactive, car le stress entraîne souvent une modification du statut immunitaire. Irritations, démangeaisons voire urticaire, inflammations et allergies cutanées sont ainsi fréquemment au rendez-vous dans les périodes de stress. De véritables pathologies cutanées peuvent aussi être aggravées par le stress : les états pelliculaires, l’eczéma, les dartres, les dermites séborrhéiques, le psoriasis ou encore les zonas ont des liens avec l’état psychologique des personnes qui y sont sujettes.

Mieux gérer le stress pour retrouver votre confort cutané
Nous ne sommes pas égaux face au stress : certaines personnes observent très vite des répercussions sur l’état de leur peau, tandis que d’autres ne seront jamais confrontées à ces signes.
Bien souvent, un cercle vicieux se met en place chez les personnes concernées : le stress engendre des troubles cutanés ; difficiles à vivre, ceux-ci sont eux-mêmes facteurs de stress ; et ce stress supplémentaire contribue à entretenir les symptômes. Si votre peau a tendance à réagir face au stress, il est donc essentiel d’essayer d’en limiter les sources dans votre vie, ou d’apprendre à mieux les gérer.
Une bonne hygiène de vie est indispensable pour cela : un sommeil suffisant, la pratique régulière d’une activité physique et le fait de ne pas consommer d’excitants permettent souvent de mieux gérer le stress. Si vous vous sentez malgré tout souvent débordé par l’angoisse, n’hésitez pas à en parler à votre médecin : il pourra vous aider à trouver des solutions pour vous apaiser.